La pression de l’idéal sexuel

Dernièrement, j’ai une de mes amies qui m’a dit, comme ça, de but en blanc, qu’elle était une paresseuse du sexe.

« Une quoi? »

« Une paresseuse du sexe! Tu sais, dans le genre que j’attends toujours que ce soit mon chum qui prenne l’initiative des rapports sexuels, que je le laisse toujours faire le plus gros du travail, que je ne fais pas grand chose pour changer la routine… Tu comprends?

« Oui, c’est un peu plus clair, merci! »

« Si je t’en parle, c’est que je voulais savoir ce que tu en penses, toi, la sexologue… »

Moi la sexologue… Si je ne l’ai pas entendue 100 fois celle-là! Mais c’est ma copine, alors je dois bien lui répondre quelque chose.

« Et ton chum, il en pense quoi lui? »

« Bof, lui, il se plaint pas trop, tant que je lui fais sa petite gâterie préférée une fois de temps en temps! »

« S’il ne se plaint pas, il est où le problème alors? »

« Je ne sais pas… c’est juste que j’ai l’impression que je devrais essayer d’en faire plus. »

Et là, j’ai compris. Le problème de ma copine, ce n’était pas qu’elle était insatisfaite par rapport à la sexualité de son couple. Le problème, c’est qu’elle cherchait à se comparer. Dans sa tête, il existait un modèle « idéal » de la sexualité, et elle n’y correspondait pas du tout. Et ça, pour elle, c’était très culpabilisant. Comme ça l’est sans doute pour beaucoup d’hommes et de femmes.

De plus en plus, j’ai l’impression que les gens s’imposent un modèle de performance sexuelle… Il faut faire l’amour plus souvent, plus longtemps, en changeant de position à plusieurs reprises et en s’obligeant à avoir plusieurs orgasmes. Plus, plus, plus! Le hic, c’est qu’avec cet idéal sexuel vient aussi la pression de la performance.

Je ne sais pas pour vous, mais moi je trouve ça un peu dommage. Je me dis que parfois, on se complique la vie pour pas grand chose. Vous êtes à l’aise avec votre vie sexuelle? Alors profitez-en et cessez de vous remettre en question!

Bien sûr, être heureux sexuellement, ça ne veut tout de même pas dire qu’on ne peut pas vouloir aller plus loin et explorer de nouveaux horizons, au contraire! Tout ce que je veux dire, c’est qu’il ne faut pas se culpabiliser si on n’a pas envie de réinventer la roue. Il y a des couples qui ont pratiqué le missionnaire toute leur vie et qui ne sont pas malheureux pour autant…

Bref, oubliez les contraintes, les modèles et les utopies, et vivez votre vie sexuelle au gré de vos envies!

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