Handicap et sexualité… mission impossible?

Bien que le sujet soit rempli de tabous, la sexualité des handicapés n’est certes pas à négliger. Les gens souffrant de handicaps physiques ou mentaux ressentent eux aussi, comme le commun des mortels, le besoin d’être caressés et touchés. Ils ont envie d’avoir des rapprochements et des relations sexuelles. Par contre, bien des facteurs peuvent contrecarrer ces désirs et ainsi condamner les handicapés à refouler leurs envies.

Souvent placés dans des centres spécialisés, les gens présentant une déficience physique ou intellectuelle sont généralement brimés dans leur vie affective et, de surcroît, sexuelle. D’ailleurs, certaines règles dans ces établissements interdisent tout contact physique entre les résidents, balayant ainsi du revers de la main leur vie affective. Pourquoi mettrions-nous leur sexualité entre parenthèses? Ils ont le droit, comme tout le monde, de satisfaire leurs désirs.

Pensez aux personnes qui sont paralysées et qui ne peuvent pas bouger ni leurs bras, ni leurs jambes. Ces gens ne peuvent pas se toucher et se satisfaire seuls. Pourtant, ils ont des envies et des pulsions sexuelles comme tout le monde. Leur sexualité est donc réduite à néant puisque leur condition les empêche d’assouvir leurs désirs. De ce fait, un déséquilibre psychologique important est engendré.

Des solutions

La vie sexuelle des gens handicapés a grandement été améliorée grâce aux progrès de la médecine. Par exemple, bon nombre d’hommes paraplégiques peuvent continuer d’avoir des érections, dépendamment de la localisation de leur lésion. Le Viagra, les injections intrapéniennes et certains autres traitements permettent à ces hommes d’avoir une sexualité fonctionnelle.

Au Québec, quelques centres d’hébergement pour handicapés offrent des facilités. En effet, des pièces spécialement aménagées pour favoriser les rapprochements physiques sont à la disposition des résidents. Ces «chambres d’intimité» sont équipées de mobilier spécialisé et les préposés se chargent d’installer les partenaires confortablement, lorsque ces derniers ne sont pas en mesure de le faire eux-mêmes. La plupart du temps, ces moments sont plus souvent teintés de sensualité et d’intimité que de sexualité comme telle. La vie sexuelle de ces gens est plus globale que ce que notre société hyper sexualisée connaît.

Les Européens ont quant à eux développé une pratique particulière très appréciée des handicapés, mais qui sème néanmoins la controverse. Il s’agit en fait du métier d’assistant sexuel. Leur fonction consiste à faire vivre du plaisir sensuel et sexuel aux personnes présentant une déficience en échange d’une rémunération. Les activités sexuelles peuvent aller du simple corps à corps jusqu’à la pénétration. Le client décide et choisit les faveurs qu’il désire recevoir. Vous comprendrez donc que ce métier s’apparente grandement à la prostitution et c’est pour cette raison que certains pays refusent de légaliser ce type de service. Par contre, la demande est très grande et les pays qui permettent ces activités ont vu la perception générale des gens se transformer à l’égard des handicapés. On les respecte davantage et on considère désormais leurs besoins.

Ce métier d’accompagnement sexuel a vu le jour dans les années 1980 aux Pays-Bas. Depuis, l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Italie et la Suisse ont légalisé les pratiques des assistants sexuels. La plupart de ces pays exigent que les travailleurs du sexe aient une formation donnée par des instituts spécialisées. La rémunération varie habituellement entre 100 et 150 euros et ce, peu importe la nature du rapport. Pour l’instant, aucune pratique légale de ce type n’est permise en Amérique du Nord. Sera-t-elle envisagée un jour? Seul l’avenir nous le dira!

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