Le cannabis : contraceptif du futur?

Dans leurs recherches constantes pour créer un contraceptif masculin, les scientifiques ont invité un nouveau joueur à se joindre à la partie : le cannabis. L’herbe en question, mieux connue pour ses effets psychotropes, aurait également la propriété de rendre les spermatozoïdes ineptes à la fécondation.

En 2006, les chercheurs Yuriy V. Kirichok et Betsy Navarro ont découvert un phénomène intéressant qui pourrait éventuellement mener à la création d’un tout premier contraceptif masculin : pour fertiliser l’ovule, les spermatozoïdes doivent d’abord être « activés ».

En effet, lorsqu’ils reposent dans les testicules, un milieu acide, les petits nageurs sont flasques, inactifs et bourrés d’une protéine appelée Hv1. Cette protéine a pour fonction de libérer des protons qui, une fois éjectés, font battre la flagelle des spermatozoïdes afin de leur permettre de nager vers l’ovule. Pour activer la protéine, il faut toutefois plonger les petits nageurs dans un milieu alcalin, comme le vagin et l’utérus.

Pour les empêcher de féconder l’ovule, il suffirait donc simplement d’activer les spermatozoïdes de façon prématurée. Ainsi, ils s’épuiseraient bien avant de se rendre jusqu’à leur destination finale et rendraient toute fécondation impossible.

Kirichok, en plus d’avoir découvert ce phénomène, a remarqué que l’ovule sécrétait une substance appelée endocannabinoïde, qui permettrait elle aussi de déclencher l’activation des spermatozoïdes.

Comme son nom le laisse entendre, l’endocannabinoïde possède des propriétés semblables à la substance active du cannabis. Pour le chercheur, il serait donc tout à fait vraisemblable de croire que le cannabis puisse également activer les spermatozoïdes et, ainsi, de les rendre incapables de féconder l’ovule. Cette propriété intéressante pourrait donc être utilisée dans la création d’une crème contraceptive pour hommes.

Toutefois, avant que ce tout nouveau genre de contraceptif fasse apparition sur le marché, bien des recherches sont encore nécessaires. Les effets secondaires d’une telle approche demeurent encore tout à fait inconnus.

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