Les hommes et la pornographie, une relation inoffensive

La pornographie souffre souvent d’une bien mauvaise réputation. Nombreux sont ceux qui croient qu’elle exerce une influence négative sur le comportement sexuel des hommes. Pourtant, selon une étude menée par Simon Louis Lajeunesse, chercheur et professeur associé à l’Université de Montréal, la pornographie pourrait être beaucoup plus inoffensive qu’on ne le croirait.

L’étude menée par Lajeunesse avait pour objectif d’observer les effets de la pornographie sur la sexualité et la construction de l’identité masculine. La première étape des travaux, qui visait à comparer les habitudes des consommateurs de pornographie versus ceux qui n’y ont jamais été exposés, a d’ailleurs amené l’une des constatations les plus intéressantes de toute la recherche : aucun répondant n’ayant jamais été exposé à du matériel pornographique n’a été trouvé.

Les hommes, donc, seraient pratiquement tous des amateurs de pornographie. Ou, à tout le moins, ils auraient déjà eu la curiosité de voir ce qu’il en retournait. Mais quels en sont les impacts sur leur vie sexuelle? Selon les données recueillies par Lajeunesse auprès de 2000 répondants, dont 20 ayant participé à des entrevues en profondeur, pour la majorité des hommes, ces conséquences seraient moindres, sinon inexistantes.

« La pornographie n’a pas modifié leur perception de la femme ni leurs rapports de couple, qu’ils veulent harmonieux et épanouissants. Ceux qui ont proposé à leur compagne des pratiques qu’elle a refusées ont tout simplement mis leur fantaisie de côté. Le fantasme “se casse dans le réel” et ces hommes ne souhaitent pas que leur partenaire ressemble à une actrice porno » explique Lajeunesse.

L’un des répondants raconte d’ailleurs avoir longuement fantasmé, dans sa jeunesse, sur ses performances lors d’une orgie. Lorsque l’occasion s’est présentée, plus tard, de réaliser ce fantasme, il a figé, incapable de transposer le rêve dans la réalité.

Lors de ses recherches, Lajeunesse a d’ailleurs pu constater que les répondants regardaient rarement les scènes qu’ils n’aimaient pas, préférant plutôt appuyer sur le bouton « avance rapide » jusqu’à la prochaine scène excitante. La plupart admettent même être dégoûtés par les scènes de violence, de zoophilie et d’éjaculation collective.

«La pornographie est un adjuvant à la masturbation, qui est une façon de prendre soin de soi, d’avoir une relation sexuelle avec soi-même et de nourrir son imaginaire, précise Lajeunesse. Et cet imaginaire n’est pas transféré dans la vraie vie.»

Est-ce que cela signifie que la pornographie est toujours inoffensive? Peut-être pas. Mais est-ce qu’on peut en conclure que bien des hommes en consomment de façon régulière sans que cela n’affecte leurs relations amoureuses, leur comportement sexuel ou leur image de la femme? À vous de lire entre les lignes pour en tirer votre propre interprétation!

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