Vierge à 30 ans

Il semble que j’entends parler de plus en plus de l’abstinence autour de moi. C’est à croire qu’un lobby religieux est en train de prendre une position que plusieurs adoptent jusqu’à nous faire croire que ceci est la nouvelle tendance sociale à adopter.

Étant sexologue, impossible de m’empêcher de penser à l’abstinence comme étant le refus de s’accepter soi-même comme être humain. Le corps physiologique est conçu pour la sexualité plaisir et non seulement reproductive. Seule ou partagée, la sexualité doit s’exprimer pour que le corps et l’esprit soient en harmonie.

Mais alors pourquoi une tendance vers l’abstinence? Comme si la sexualité plaisir est interprétée comme malsaine et non souhaitable socialement. Certains prônent l’absence totale d’intimité dans le but de se « réserver » pour le mariage. Voici un précepte tout à fait dépassé et quant à moi, qui est la meilleure avenue pour entrer dans une relation basée sur les besoins primaires de la sexualité et non l’enrichissement de celle-ci.

Peu importe l’âge de nos premières relations sexuelles, il est d’abord et avant tout important d’avoir apprivoisé son propre corps et les sensations agréables et désagréables que différentes stimulations nous apportent, et ce, avant de pouvoir les partager éventuellement avec l’être aimé. D’être à l’aise avec son corps et sa sexualité ne s’étouffe pas avec des croyances telles que nous allons passer pour une fille facile ou un maniaque sexuel si nous osons accepter et enrichir l’être sexuel que nous sommes.

Personne n’a à guider ou juger une personne vers des comportements sexuels qui lui appartient. Le fait de vivre une intimité seule et de retarder le moment de la partager avec une autre personne ne devrait pas être davantage mis de l’avant comme étant un comportement absolu à imiter et surtout pour des raisons de comportements et problématiques sociales. En effet, plusieurs « pro abstinence » prétendent que leur vison contribue à faire baisser les statistiques des ITS et de grossesses non désirées. Bien que ces points soient tout à fait légitimes, il reste que dans cette optique bien particulière, l’être humain en relation avec son corps se voit également soumis à une certaine torture psychologique du même coup…

Je crois que l’avenue qui devrait être mis de l’avant est simplement celle du respect de soi! La décision nous appartient autant que notre corps nous appartient et nullement besoin de pressions ou de jugements sociaux pour nous dire ce qui est bon ou non dans le choix du moment de passer à une sexualité partagée.

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